Ce 21 mai, l’Assemblée nationale a adopté un texte qui ouvre le droit de vote aux élections provinciales aux personnes nées en Nouvelle-Calédonie inscrites sur les listes électorales générales. L’objectif est de permettre le déroulement des prochaines élections provinciales de juin 2026 dans un climat plus apaisé afin de continuer à faire vivre le dialogue engagé par les accords de paix. Afin de comprendre pourquoi l’Assemblée a adopté ce texte, il est nécessaire de revenir sur le contexte politique et historique de la Nouvelle-Calédonie.
En Nouvelle-Calédonie, tout le monde ne peut pas voter aux élections locales. Depuis les accords de paix des années 1990, il existe une liste électorale spéciale pour les élections provinciales. Le problème est que cette liste est quasiment figée depuis 1998. Concrètement, près de 38 000 personnes vivant en Nouvelle-Calédonie ne peuvent pas voter aux élections locales, et parmi elles, plus de 10 000 sont nées sur le territoire. Cela signifie que des Calédoniens nés en Nouvelle-Calédonie ne peuvent pas voter pour les institutions de leur propre territoire. Ce sujet est en lien direct avec l’histoire et l’équilibre politique de la Nouvelle-Calédonie. Effectivement, dans les années 1980, le territoire a connu des violences très graves entre indépendantistes et non-indépendantistes. Les accords de Matignon puis de Nouméa ont permis la paix via un gel du corps électoral. Cet accord visait à préserver l’équilibre trouvé à l’époque et protéger la représentation des populations installées de longue date, notamment kanak. En 2024, une réforme du corps électoral a provoqué une crise majeure en Nouvelle-Calédonie.

C’est notamment pour cela qu’en janvier dernier, je me suis rendue en Nouvelle-Calédonie avec plusieurs collègues députés. Sur place, élus, associations, entreprises et habitants nous ont alerté sur l’urgence de sortir de l’impasse politique et de redonner des perspectives au territoire. C’est pour cela que l’Assemblée nationale vient d’adopter la proposition de loi sur la régularisation des natifs dans le corps électoral de Nouvelle-Calédonie. Cependant, je déplore le rejet de la mesure visant à inclure les conjoints de natifs dans le corps électoral. Ces Calédoniens sont des citoyens comme les autres et devraient avoir accès aux mêmes droits que les autres. La situation actuelle créé une ségrégation civique au sein des familles. Néanmoins, si ce texte ne règle pas tout, il constitue une avancée concrète et pragmatique pour sortir d’une situation bloquée depuis trop longtemps. En Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, le dialogue est nécessaire pour préserver l’équilibre et le respect de l’histoire de ce territoire. C’est pour cette raison que le groupe Ensemble pour la République a soutenu ce texte. Vous pouvez retrouver un post explicatif simplifié en cliquant sur l'image ci-dessous.
