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Reconnaître le préjudice subi par les femmes ayant avorté avant 1975 : un devoir de justice et de mémoire
Aujourd’hui à l’Assemblée nationale, j’ai défendu en séance publique la proposition de loi visant à reconnaître le préjudice subi par les femmes condamnées ou poursuivies pour avoir avorté avant la loi Veil de 1975.
Avant cette dépénalisation, des milliers de femmes ont vécu dans la peur, le silence et la clandestinité pour un acte qui relevait pourtant de leur seule liberté : décider de leur corps et de leur avenir. Certaines en sont mortes. D’autres ont porté toute leur vie des blessures physiques, psychologiques et sociales, aggravées par la honte que la loi et la société leur ont injustement imposée. Des médecins, des proches, des militantes ont également été sanctionnés pour avoir aidé des femmes en détresse.
Cette proposition de loi ne répare pas ces vies brisées. Elle n’efface pas les souffrances. Mais elle permet à la République de dire clairement : nous avons vu, nous avons compris, et nous reconnaissons le tort causé par notre propre législation. Cette reconnaissance est à la fois nécessaire et urgente, car celles et ceux qui ont vécu ces injustices appartiennent désormais à la dernière génération en capacité d’en témoigner.
Le texte va plus loin qu’un simple geste symbolique. Il crée notamment une commission nationale indépendante chargée de recueillir la parole des victimes, de transmettre leur histoire et de documenter ces réalités trop longtemps ignorées. Ce travail de mémoire est essentiel pour éduquer les générations futures et rappeler que les droits dont nous disposons aujourd’hui ont été conquis au prix de combats et de drames.
Cette proposition de loi s’inscrit dans une continuité claire. Depuis 2017, la France a renforcé la protection du droit à l’IVG : allongement des délais, amélioration de l’accès, lutte contre les entraves, et plus récemment, inscription de la liberté garantie à l’IVG dans la Constitution. Ce texte constitue une nouvelle étape sur ce chemin, qui doit rester exigeant car ce droit demeure fragile, en France comme à l’international.
En votant cette loi, nous regardons notre histoire en face et nous envoyons un message fort : protéger les droits des femmes ne souffre ni relativisme ni attentisme. La liberté n’existe pleinement que si l’on connaît le chemin parcouru pour l’obtenir.
Pour toutes ces raisons, et en cohérence avec mon engagement constant en faveur des droits des femmes, j’ai soutenu cette proposition de loi au nom du groupe Ensemble pour la République.
👉 Pour voir mon intervention dans son intégralité en séance, cliquez ici : https://www.instagram.com/p/DSaC8bhjWvT/